
06/02/2010 - 14:25
Jean-Michel Aulas, le président de l'OL et grand acteur du football français, est revenu sur le diner du jeudi soir passé avec d'autres présidents de club, celui de la FFF et le sélectionneur Raymond Domenech, dont le thème principal était la réorganisation de l'équipe de France et le poste de sélectionneur. Un poste auquel il ne voit pas spécialement arriver Laurent Blanc même s'il reconnait à ce dernier toutes les qualités pour l'occuper. Il s'en explique. Interview.
- Que vous inspire l'information publiée mercredi dernier selon laquelle Laurent Blanc serait le prochain sélectionneur de l'équipe de France (info depuis démentie par Laurent Blanc)
- De l'avis d'un président de club, Laurent Blanc est dans une position impossible vis à vis de ses employeurs, et ses employeurs sont dans une situation pas facile, parce que tout ce qui peut être dit est interprété tous les matins. Je n'étais pas partisan du remplacement du sélectionneur avant la coupe du monde. Sur le plan de la logique, c'est difficile, mais je comprends aussi le président Escalettes. Comme il nous l'expliquait hier soir (jeudi), son argumentation était de ne pas se retrouver au mois de juillet, donc après la coupe du monde, pour annoncer un sélectionneur qui aurait pu être alors déjà être sous contrat dans un autre club. C'est pour ça qu'il s'y est pris maintenant. Cela étant, dans la logique ça complique tout pour tout le monde. Et on voit bien qu'aujourd'hui ça crée des remous qui ne sont pas obligatoirement positifs pour la préparation de cette coupe du monde. C'est pour ça que les présidents de club, hier, entre autres, ont réaffirmé leur soutien plein et entier à Raymond Domenech parce que l'important ce n'est pas l'institution, la Fédération ou Raymond Domenech, c'est la performance de l'équipe de France. C'est la priorité.
- L'équipe de France se trouverait donc fragilisée dans sa préparation ?
- Je pense que ça ne lui facilite pas la tache. Ceci étant, il faut tenir compte de la personnalité des gens qui sont en première ligne. Raymond Domenech n'est jamais aussi bon que quand il est face au mur et dans l'adversité.
- Laurent Blanc est-il un bon candidat ?
- Laurent est un garçon qui réussit parfaitement bien, et en plus avec peu d'expérience du management et du coaching de club. Il a toutes les qualités pour réussir comme entraîneur à Bordeaux, pour réussir comme entraîneur dans un club étranger ou pour réussir comme sélectionneur. Ceci dit, je serais à la place de Bordeaux, je ferais tout pour garder un entraîneur qui réussit magnifiquement bien. C'est pour ça que je ne pense pas qu'il ait aujourd'hui le profil du sélectionneur dans la mesure où ça doit se préparer avant. Et puis après il y a une deuxième incompatibilité, c'est la rémunération. Celle d'un entraîneur d'un grand club européen se situe plutôt entre 3 et 4 millions d'euros par an. Un sélectionneur, en France, touche bien moins. Maintenant, peut être que la Fédération va reconsidérer la question du salaire.
- Il faut donc augmenter le salaire du sélectionneur ?
- Il faut s'adapter au marché, regarder ce que gagnent les autres en Espagne, Angleterre, Allemand, et si vous êtes dans une compétition, évidemment. Soit vous prenez une position élitiste et vous êtes dans le marché, soit vous prenez une politique qui n'est pas élitiste, vous l'acceptez, alors vous n'êtes pas dans le marché et vous ne pouvez pas être compétitif.
- Vous êtes près de l'équipe de France, avez-vous envie d'y jouer un rôle officiel ?
-Non, pas du tout. Sauf, à titre amical et à titre consultatif, car l'équipe de France fait partie de mes passions de gosse quand on aime le foot et la France, et d'autre part, de spécialiste du management d'entreprise et de club sportif. Ma contribution est juste personnelle. Je fais partie des gens qui sont solidaires et légitimiste. J'ai toujours soutenu Raymond Domenech, pas depuis hier soir, mais depuis le début et dans les moments difficiles, parce qu'il a eu un terrain difficile. Je le soutiens encore plus car le plus important c'est de réussir la coupe du monde.
- Le président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes a-t-il eu raison d'anticiper la question du remplacement de Domenech ?
- Là , le problème c'est que l'on va terminer la compétition de la coupe du monde mi-juillet, je l'espère, et tout de suite après, un mois après, on va avoir un match d'éliminatoires de championnat d'Europe. Donc, peut-être qu'il faut regarder à l'avenir dans l'organisation du calendrier, pour ne pas l'annoncer en cours de saison.
- Escalettes aurait donc dû attendre ?
- Je ne sais pas. Moi, je n'aurais pas comme ça en tout cas. Maintenant je respecte. Et Jean-Pierre Escalettes, on ne peut pas lui enlever ça, l'a fait avec sincérité parce qu'on ne peut pas le suspecter d'avoir tiré parti d'une situation. Il a essayé de résoudre des problèmes. Mais c'est Raymond Domenech qui a la clé car tout ceci ne sera que littérature si on fait une bonne coupe du monde. Mais, pour moi, c'était plus logique de laisser le général et ses troupes s'expliquer sur le terrain et voir après. Je ne voyais pas d'inconvénient à ce que Domenech reste en poste s'il faisait une bonne coupe du monde.
Recueilli par Vincent Rousselet-Blanc
Jean-Michel Aulas : "Je n'étais pas partisan du remplacement de Domenech avant la coupe du monde. "
A l'occasion d'une conférence de presse d'Orange Sport qui présentait un documentaire sur les présidents de clubs de foot auquel il a accepté de participer (diff le 23 février à 20h40), Jean-Michel Aulas s'est expliqué sur le remplacement de Raymond Domenech.
Jean-Michel Aulas, le président de l'OL et grand acteur du football français, est revenu sur le diner du jeudi soir passé avec d'autres présidents de club, celui de la FFF et le sélectionneur Raymond Domenech, dont le thème principal était la réorganisation de l'équipe de France et le poste de sélectionneur. Un poste auquel il ne voit pas spécialement arriver Laurent Blanc même s'il reconnait à ce dernier toutes les qualités pour l'occuper. Il s'en explique. Interview.
- Que vous inspire l'information publiée mercredi dernier selon laquelle Laurent Blanc serait le prochain sélectionneur de l'équipe de France (info depuis démentie par Laurent Blanc)
- De l'avis d'un président de club, Laurent Blanc est dans une position impossible vis à vis de ses employeurs, et ses employeurs sont dans une situation pas facile, parce que tout ce qui peut être dit est interprété tous les matins. Je n'étais pas partisan du remplacement du sélectionneur avant la coupe du monde. Sur le plan de la logique, c'est difficile, mais je comprends aussi le président Escalettes. Comme il nous l'expliquait hier soir (jeudi), son argumentation était de ne pas se retrouver au mois de juillet, donc après la coupe du monde, pour annoncer un sélectionneur qui aurait pu être alors déjà être sous contrat dans un autre club. C'est pour ça qu'il s'y est pris maintenant. Cela étant, dans la logique ça complique tout pour tout le monde. Et on voit bien qu'aujourd'hui ça crée des remous qui ne sont pas obligatoirement positifs pour la préparation de cette coupe du monde. C'est pour ça que les présidents de club, hier, entre autres, ont réaffirmé leur soutien plein et entier à Raymond Domenech parce que l'important ce n'est pas l'institution, la Fédération ou Raymond Domenech, c'est la performance de l'équipe de France. C'est la priorité.
- L'équipe de France se trouverait donc fragilisée dans sa préparation ?
- Je pense que ça ne lui facilite pas la tache. Ceci étant, il faut tenir compte de la personnalité des gens qui sont en première ligne. Raymond Domenech n'est jamais aussi bon que quand il est face au mur et dans l'adversité.
- Laurent Blanc est-il un bon candidat ?
- Laurent est un garçon qui réussit parfaitement bien, et en plus avec peu d'expérience du management et du coaching de club. Il a toutes les qualités pour réussir comme entraîneur à Bordeaux, pour réussir comme entraîneur dans un club étranger ou pour réussir comme sélectionneur. Ceci dit, je serais à la place de Bordeaux, je ferais tout pour garder un entraîneur qui réussit magnifiquement bien. C'est pour ça que je ne pense pas qu'il ait aujourd'hui le profil du sélectionneur dans la mesure où ça doit se préparer avant. Et puis après il y a une deuxième incompatibilité, c'est la rémunération. Celle d'un entraîneur d'un grand club européen se situe plutôt entre 3 et 4 millions d'euros par an. Un sélectionneur, en France, touche bien moins. Maintenant, peut être que la Fédération va reconsidérer la question du salaire.
- Il faut donc augmenter le salaire du sélectionneur ?
- Il faut s'adapter au marché, regarder ce que gagnent les autres en Espagne, Angleterre, Allemand, et si vous êtes dans une compétition, évidemment. Soit vous prenez une position élitiste et vous êtes dans le marché, soit vous prenez une politique qui n'est pas élitiste, vous l'acceptez, alors vous n'êtes pas dans le marché et vous ne pouvez pas être compétitif.
- Vous êtes près de l'équipe de France, avez-vous envie d'y jouer un rôle officiel ?
-Non, pas du tout. Sauf, à titre amical et à titre consultatif, car l'équipe de France fait partie de mes passions de gosse quand on aime le foot et la France, et d'autre part, de spécialiste du management d'entreprise et de club sportif. Ma contribution est juste personnelle. Je fais partie des gens qui sont solidaires et légitimiste. J'ai toujours soutenu Raymond Domenech, pas depuis hier soir, mais depuis le début et dans les moments difficiles, parce qu'il a eu un terrain difficile. Je le soutiens encore plus car le plus important c'est de réussir la coupe du monde.
- Le président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes a-t-il eu raison d'anticiper la question du remplacement de Domenech ?
- Là , le problème c'est que l'on va terminer la compétition de la coupe du monde mi-juillet, je l'espère, et tout de suite après, un mois après, on va avoir un match d'éliminatoires de championnat d'Europe. Donc, peut-être qu'il faut regarder à l'avenir dans l'organisation du calendrier, pour ne pas l'annoncer en cours de saison.
- Escalettes aurait donc dû attendre ?
- Je ne sais pas. Moi, je n'aurais pas comme ça en tout cas. Maintenant je respecte. Et Jean-Pierre Escalettes, on ne peut pas lui enlever ça, l'a fait avec sincérité parce qu'on ne peut pas le suspecter d'avoir tiré parti d'une situation. Il a essayé de résoudre des problèmes. Mais c'est Raymond Domenech qui a la clé car tout ceci ne sera que littérature si on fait une bonne coupe du monde. Mais, pour moi, c'était plus logique de laisser le général et ses troupes s'expliquer sur le terrain et voir après. Je ne voyais pas d'inconvénient à ce que Domenech reste en poste s'il faisait une bonne coupe du monde.
Recueilli par Vincent Rousselet-Blanc
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